
"Noces rebelles" de Sam Mendes adapté du roman "Revoltionnary road" de Richard Yates.
Je voudrais d'abord vous parler de Richard Yates né en 1926 à New York et décédé en 1992. Peu connu en France, il est également peu lu aux Etats-Unis où il est pourtant considéré comme un auteur majeur. Pourquoi? Son célèbre recueil de nouvelles que l'on appelle volontiers l'équivalent new yorkais de "Dubliners" s'intitule "Eleven Kinds of Loneliness" "Onze sortes de solitude". Vous avez certainement compris où je veux en venir. Richard Yates est l'auteur le plus déprimant qui soit, mais surtout - et ça, c'est ce qu'il y a de plus difficile à avaler pour les Américains -, il écorne dans toutes ses histoires le fameux rêve américain. Mais, fin psychologue, il va bien au-delà. Ce qui le rend vraiment intéressant, à mes yeux, c'est sa capacité à troubler le lecteur, à jouer avec lui. D'habitude, lorsqu'on lit une histoire, on se retrouve assez rapidement en empathie avec l'un des personnages. En lisant une oeuvre de Richard Yates aussi, sauf qu'au fil de la lecture on change de camps, et ce, plus d'une fois. De la même manière, nous comprenons, le plus souvent, ses personnages au début, car nous comprenons leurs aspirations. Comme ils s'avèrent cependant, généralement, incapables de réaliser leurs rêves et qu'ils apparaissent alors comme de pauvres êtres inadaptés, pour ne pas dire nuls, nous finissons par prendre nos distances par rapport à eux, car nous nous sentons alors volontiers supérieurs. Mais lorsque nous refermons le livre ou quittons la salle de cinéma, nous n'en sommes déjà plus si sûrs. Richard Yates est un auteur qui sème le doute et laisse une trace en nous. Ce n'est évidemment pas un auteur à lire en pleine déprime. Alors faites comme moi, du sable s'échappe encore de mon exemplaire de son recueil de nouvelles.
Je suppose que vous voyez ce qui a pu pousser Sam Mendes, le réalisateur de "American Beauty", à s'intéresser à cet auteur. Son adaptation est-elle réussie? Pour moi, oui.
C'est un drame, et dès la première minute on sait que cela finira mal. Il n'y a donc pas de véritable suspense, et pourtant on reste jusqu'au bout en haleine, fasciné par l'engrenage qui mène ces antihéros au désastre. La reconstitution de l'époque - le début des années soixante - est parfaite, - un peu trop léchée, peut-être. Et les acteurs sont tous excellents - les seconds rôles comme les vedettes.
2 commentaires:
bonsoir Elsa,
interessant de lire ton article, j'ai vu le film il y a qq semaines, et j'ai en fait aimé et pas aimé à la fois!
aimé car on se rend compte de l'enfoncement vers l'irréparable, ma scène préférée est peut-être bien celle avec les voisins au restaurant.
pas aimé car c'est une histoire très sombre et je préfère les histoires avec une note finale positive. Aussi je n'ai pas trouvé le jeu d'acteur de Leonardo diCaprio très bon. Et il y a à plusieurs moments des longueurs, des passages où on s'ennuie car finalement il ne se passe que très peu d'événements dans ce film, et on connait la fin dès le début lors de la scène de couple...
Bonne soirée!
Servus Alex,
Je comprends bien tes raisons d'aimer et de ne pas aimer ce film tout à la fois. Pour ce qui est de Di Caprio, je n'aime pas du tout son physique, son visage poupin alors j'évite, en général, d'aller voir les films dans lesquels il joue, mais je l'ai trouvé assez juste dans ce rôle.
Bis bald!
Enregistrer un commentaire