vendredi 30 janvier 2009

Le déjeuner du 15 août

Un film italien jubilatoire que j'ai vu il y a quelques semaines lors d'un festival. J'avais très envie de vous faire part de mon enthousiasme à son propos, mais quand j'ai vu qu'il ne sortirait en salle à Paris qu'à la mi-mars, j'ai pensé qu'il était prématuré d'en parler. Seulement, voici que je découvre qu'il passera en avant-première le samedi 7 février à 11 heures au cinéma Panthéon
J'ai partagé le plaisir de voir ce film avec 1199 autres spectateurs et je ne me souviens pas de la dernière fois que j'ai entendu autant de rires durant une projection. Il ne s'agit pas d'une grosse rigolade mais d'un film à l'humour subtil et plein d'humanité. Ce coup de maître est une première oeuvre du réalisateur Gianni di Gregorio qui avait jusqu'à présent travaillé au théâtre et comme assistant d'autres réalisateurs de cinéma. Gianni di Gregorio - le monsieur en chemise rose sur la photo - joue également le premier rôle masculin, car, raconte-t-il, lorsqu'il a annoncé à son équipe qu'il fallait trouver un acteur dans la cinquantaine avec une certaine habitude des personnes âgée et une tendance à picoler tous les regards se sont tournés vers lui. Vieux célibataire, il a comme son héros vécu de nombreuses années avec sa mère. L'année de la canicule le syndic de son immeuble qui avait envie d'échapper à la chaleur de Rome lui a proposé d'effacer certaines de ses dettes de charges s'il acceptait de garder sa mère pendant le week-end du quinze août. Gianni di Gregorio a refusé, mais, depuis, il se demandait ce qui se serait produit s'il avait accepté. Son imagination a fait le reste et est né ce scénario sans temps morts. Dans le film notre homme accepte donc cette proposition. Mais comme je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de toutes les surprises que réserve ce film, je ne vous dirai rien des péripéties qui le mènent à déjeuner avec quatre dames. Ses actrices sont si extraordinaires qu'après la projection des personnes du métier qui n'avaient pas lu la brochure étaient persuadées qu'elles étaient des actrices italiennes très connues. Eh non, pas du tout. Ces dames n'avaient encore jamais joué la comédie de leur vie.
Ce film est un bijou, et pourtant ce n'était pas gagné avec un sujet pareil.
Une recommandation: Prévoyez un restaurant italien après le cinéma, car vous aurez faim, je vous le promets. 
Titre italien: Pranzo di ferragosto

lundi 26 janvier 2009

Mon père

Il a quatre-vingt-deux ans aujourd'hui. Il y a cinq ans, il a perdu la vue. Il y a a trois ans, il a fait une chute qui l'a laissé avec une main droite paralysée. Il est extrêmement affaibli par une récente opération. Personne ne croit qu'il s'en remettra. 
Ma relation avec lui a toujours été tellement conflictuelle qu'il m'arrive de penser que je ne l'aime plus, mais quand mon téléphone a sonné hier soir à une heure indue mon coeur c'est aussitôt mis à cogner et je me suis exclamée: "Oh non!"

   

samedi 24 janvier 2009

Flâner dans ma bibliothèque

Je suis jalouse de vous, vous qui avez le temps de lire et de relire ...  Je fais, par exemple, un tour chez Claude (De Bloomsbury à Court green) où il est question d'André Hardellet, un auteur que j'aime. Je lève la tête, ses livres sont là, en haut à droite. J'aimerais m'y replonger ... Mais j'ai tellement lu "utile" ces derniers temps qu'en fin de journée j'en avais les yeux larmoyants. Cela ne me donnait guère le temps de lire autre chose, mais c'était intéressant. Seulement, me voilà, à présent, contrainte à une lecture inutile et ça c'est très frustrant. Je m'explique. Comme on préférerait ne pas avoir à me payer des droits de traduction en plus des droits d'adaptation en feuilleton d'une oeuvre que je connais par coeur dans sa langue originale, me voilà en train d'éplucher la traduction faite par un autre afin de justifier mon choix de ne pas baser mon adaptation sur sa version française. Vous n'avez rien compris? Normal, c'est absurde. Je me retrouve donc à traquer, l'oeil vachard, les erreurs d'un traducteur qui ne m'a rien fait. Aucune traduction ne pouvant être parfaite, je me sentais même un peu coupable. Mais, devant l'énormité des erreurs et des trahisons commises envers l'auteur par ce traducteur, j'ai vite déculpabilisé. Quelle perte de temps cependant!

vendredi 23 janvier 2009

Ce qui guette l'écrivain pétrifié devant la page blanche

A moins que ce ne soit la main d'une blogueuse trop longtemps absente.
Je rentre du festival "Premiers plans" d'Angers. Entre deux projections, j'ai pris le temps de visiter la galerie où sont exposées les sculptures de David d'Angers, mais plus que par ses oeuvres j'ai été séduite par cette création d'une araignée.  

jeudi 8 janvier 2009

Howard Barker

Prolifique dramaturge anglais né dans les années quarante, ses pièces dérangeantes, car ses propos sont souvent crus et violents, n'étaient guère jouées en France. Mais l'année 2009 verra plusieurs de ses oeuvres montées sur des scènes parisiennes et réalisées à la radio sur France Culture
Hier avait lieu au théâtre de l'Odéon l'avant-première de sa pièce  "Gertrude (Le Cri)" avec Anne Alvaro, John Arnold, Francine Bergé et d'autres excellents comédiens. (Ce fut ma première sortie depuis que je me suis déchiré un muscle et comme je suis volontiers brève - mais vous ne semblez pas vous en plaindre - je serais tentée de vous dire: je n'ai pas regretté de m'y être traînée sur des béquilles, alors allez-y! Mais non, la jambe au repos - moi qui aime tant gambader -, j'ai le temps d'être un peu plus longue.) 
Souvent, Howard Barker reprend et réinterprète des mythes ou des pièces classiques, nous invitant à les reconsidérer sous un nouveau jour. Dans  "Gertrude (Le Cri)" c'est à Hamlet qu'il s'intéresse. Le Hamlet de Shakespeare se demande sans cesse si sa mère a tué son père. Comme pour s'en débarrasser, Howard Barker répond d'emblée à cette question qui hante Hamlet: oui. Partant de là, il centre sa pièce sur Gertrude, la mère qui jouit et son cri. Ses actes lui sont dictés par les violentes pulsions sexuelles auxquelles elle est soumise, ainsi de coupable elle devient victime - n'emmenez pas des enfants voir Gertrude, à moins que vous ne cherchiez une occasion de discuter avec eux du nombre d'orifices qu'a une femme. Mais la jouissance de Gertrude devient surtout prétexte à une réflexion pleine d'humour - un humour grinçant et féroce qui ne manque jamais sa cible - sur les rapports entre la sexualité et la culpabilité et entre la sexualité et le pouvoir dans nos sociétés. La pièce est servie par la mise en scène et les décors de Giorgio Barberio Corsetti remarquables. C'est le genre de pièce qui suscite des discussions intéressantes après le spectacle ...
Bon, certains se plaignent de ne pas savoir faire court, moi je ne sais pas faire long.
Une question: Ecoutez-vous des fictions à la radio? 

jeudi 1 janvier 2009

     
                      
                 PROSIT NEUJAHR

                    
                 BONNE ANNEE