mercredi 7 septembre 2011

VOYAGER LE NEZ AU VENT

Voyager le nez au vent, j'en rêvais depuis longtemps. Mes souvenirs de jeunesse quand je ne me déplaçais pas encore en famille et pendant les vacances scolaires avaient un parfum de liberté que j'aspirais à retrouver. Mon homme se rappelait lui aussi volontiers certains périples en deux-chevaux ... La voiture avait changé, tout comme nous-mêmes avec l'époque. Nous comptions d'ailleurs sur l'ipad, cette nouvelle conquête de l'homme pour nous aider à trouver à nous loger au pied levé.
Les Marches, la région d'Italie que nous voulions découvrir étant moins connue et moins courue que d'autres, nous avions estimé l'aventure possible. Eh oui! C'est que dans un monde où nous avons pris l'habitude de devoir tout réserver des mois à l'avance pour bénéficier de tarifs décents sans la possibilité de changer de cap, partir le nez au vent peut paraitre aventureux.
Certains articles nous avaient laissé espérer un littoral adriatique plus authentique au sud de Rimini mais ce que nous découvrions nous décida à sauter la case mer pour nous tourner aussitôt vers l'intérieur des terres. Première halte à Macerata, petite ville fortifiée construite essentiellement dans cette brique d'un beige rosé particulière à la région et qui capte la lumière et donne un air de gaité et de légèreté aux bâtiments les plus imposants. Les habitants sont si souriants, si aimables, si prévenants que nous nous en étonnions tant nous sommes malades, contaminés par le stress des grandes villes. Nous avons vite oublié les tensions et le mauvais temps. Nous visitions, nous flânions et absorbions les ambiances auxquelles nous nous mêlions. L'apéritif sur la place en fin de journée, le marché le matin …
Puis nous avons repris la route pour le parc national des Monts Sibyllins où nous voulions randonner. Grâce à l'application agriturismo.it nous avons trouvé refuge dans un gite charmant où nous accueillèrent les cris d'un gardien surprenant perché sur le toit de la maison.

La propriétaire des lieux nous procura cartes et guides de la région et elle laissa à notre disposition un livre dont elle pensait qu'il pourrait nous intéresser, une édition bilingue du Paradis de la reine Sibylle, une oeuvre d'Antoine de La Sale, un écrivain français qui a visité la région en 1420. La littérature nous poursuivait. Aussitôt rentrés à Paris nous avons cherché à nous procurer ce livre pas facile à trouver.
Mais revenons-en à notre ami le paon. Avez-vous déjà entendu crier un paon? Son cri fort et rauque n'est guère en harmonie avec sa belle robe. Heureusement, Pipo, c'est son nom, criait seulement pour annoncer l'approche de quelqu'un, tel un chien de garde dans ce magnifique paysage bucolique mais aussi sauvage. La veille de notre départ Pipo, perché sur sa cheminée, avait crié plus que de coutume. De notre fenêtre, nous le photographions et l'enregistrions et, je suis honteuse de l'avouer, nous nous moquions un peu de ses cris ridicules. Le lendemain, alors que nous faisions nos adieux à nos hôtes, nous apprenions cependant que le renard avait emporté la femelle du paon. C'était la troisième compagne que le renard lui volait. Pauvre Pipo. Mille excuses!

1 commentaire:

Le Banquet de Philippe a dit…

Heureux de retrouver un joli témoignage de voyage après une longue absence. Je me souviens aussi des tribulations dans la 2CV de papa... Toute une époque. Jolies photos d'un si beau pays. Merci.
Philippe